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Crise au Burundi : Hypothèque sur les élections, l'Afrique de l'Est en sommet

Dans un nouveau rapport, International Crisis Group (ICG) a également réclamé un report "immédiat des élections", s'inquiétant de la "spirale de la violence" en cours et de la "radicalisation" du camp présidentiel. Human Rights Watch (HRW) a pour sa part dénoncé la "riposte meurtrière" et la "répression" policière lors des manifestations.

Dans ce contexte, il semble impossible que ces élections puissent se dérouler dans de "très bonnes conditions", comme l'affirmait vendredi le ministre de l'Intérieur, Edouard Nduwimana : les manifestations anti-Nkurunziza ne faiblissent pas, avec leur lot d'affrontements et de tirs de sommation des policiers, et les incidents de sécurité se multiplient.

Vendredi, un manifestant a de nouveau été tué en province, et deux grenades ont explosé en plein Bujumbura sans faire de victimes.

Samedi matin, un impressionnant dispositif policier était de nouveau déployé dans tous les quartiers contestataires de la capitale. Des petits groupes de manifestants ont néanmoins tenté de se rassembler, notamment à Cibitoke et Kanyosha. Le parti présidentiel CNDD-FDD a pu organiser sans incident un meeting dans le quartier de Kanyosha.

Les leaders du mouvement anti-troisième mandat ont appelé à une mobilisation maximale pour "dire clairement à Nkurunziza que le match est fini", en un "moment décisif" à moins de 24 heures du sommet de Dar-Es-Salaam, en Tanzanie, où les chefs d'État d'Afrique de l'Est se réunissent une nouvelle fois sur la crise. Tous les yeux seront tournés vers ces présidents, qui devraient demander un report des élections à défaut de prendre clairement position sur le noeud du problème : le troisième mandat.

L'ONU a dit vendredi espérer que le sommet donnerait un "nouveau souffle" au difficile "dialogue politique" interburundais en cours depuis deux semaines.

On ignorait samedi si le président Nkurunziza ira en personne en Tanzanie. Le premier sommet, le 13 mai, avait été bouleversé par une tentative de coup d'Etat militaire. Le retour de M. Nkurunziza dans son pays avait précipité l'échec du putsch, sans étouffer la fronde dans les rues.

Le sommet s'est ouvert dans l'après-midi, au niveau des ministres des Affaires étrangères, selon un correspondant de l'AFP. Les chefs d'Etats se réuniront dimanche.

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