Ethnie

 L’une de maladies graves de notre pays est que nous lisons les réalités sociales burundaises avec des lunettes ethnicisées.

Le colonisateur a injecté le virus de l’ethnie dans notre société pour nous diviser afin que nous soyons facilement exploitables. Ce virus a déjà causé plus de dix millions de morts dans notre sous-région, dont plus d’un million au Burundi, et il est l’une des causes de la destruction de notre pays.

Ce virus du colonisateur a été récupéré par les élites qui détiennent le pouvoir et ils l’utilisent eux aussi  pour nous diviser et continuer à nous exploiter en prétendant être les garants des équilibres ethniques au lieu d'être garants du bien-être matériel de la population.

C'est ainsi que les fondateurs de la République et leurs successeurs  ont fait tout pour mettre l'ethnie au cœur  de notre société.  L’accord d’Arusha pour le partage du pouvoir est venu tuer tout ce qui restait du tissu social en  mettant en place le recrutement des agents de l’Etat à base des quotas ethniques, sous prétexte de mettre en place des équilibres ethniques mais  la réalité étant d'enfermer les personnes dans leur  ethnie tout en créant trois classes de citoyens. 

Si le pouvoir est partagé entre hutu- twa- tutsi, qu'en est-il des autres citoyens qui n'appartiennent ni à l'un ou l'autre de ces 3 ethnies?

Un citoyen qui n’est ni hutu, ni twa, ni tutsi n’a pas de place dans le Burundi actuel.

Le R.D.B est convaincu qu'une telle conception de la société burundaise est erronée car le Burundi n'est pas synonyme de hutu, twa et tutsi comme le prétend les accords d’Arusha et la constitution actuelle.  Nous croyons qu’il y a des citoyens qui n'ont pas d'ethnie ou qui n’en connaissent pas  du tout et des citoyens qui n'acceptent pas l'ethnie.

Dans notre conception de la société burundaise, tous citoyens burundais, y compris ceux qui ne se reconnaissent d'aucune ethnie doivent avoir un mot à dire dans la marche de notre démocratie. Nous soutenons que notre société fonctionne mal parce que les droits des citoyens ont été ignorés mais pas parce qu’un groupe  de ceux qui sont appelés "tutsi" a dirigé le Burundi pendant 4 décennies. Si les anciens régimes n’avaient pas appliqué les politiques injustes et inhumaines, le Burundi serait aujourd’hui un pays où il fait bon de vivre.

Le R.D.B veut remplacer la solidarité ethnique  par la solidarité citoyenne

Pour arriver à trouver les solutions aux problèmes de notre pays, il faut non pas lire les réalités sociales du Burundi avec des lunettes ethnicisées mais plutôt analyser les causes profondes et lointaines des guerres fratricides ayant endeuillées notre pays depuis l’indépendance.

La réalité est que l’ethnie n’a rien à voir dans tout ça. Le problème ethnique n’est qu’ une arme absolue permettant à la bourgeoisie d’affaire qui gouverne de diviser la classe opprimée afin de l’exploiter.

Le vrai problème burundais se trouve dans l’oppression pratiquée par la classe de la bourgeoisie d’affaire contre la classe des non-privilégiés.

Les membres de la bourgeoisie d’affaires sont issus de toutes les ethnies. Ils ont les mains sur tous les secteurs la vie de notre pays qu’ils ont transformé en une simple propriété privé. Ils ont des voitures, des villas de luxe et vivent dans une aisance matérielle.

Les opprimés sont aussi issus de toutes les ethnies. Ils constituent plus de 98% de la population, ils vivent dans la misère et sont exposés à toute sorte d’exploitation possible.C’est cette mauvaise gestion du patrimoine de l’État et une répartition inéquitable du peu de ressources disponibles au Burundi qui aboutissent à une lutte entre les oppresseurs et les opprimés.

Pour se conserver le pouvoir qui est une source de leurs richesses, les oppresseurs ont alors ressuscité la politique du colonisateur blanc de diviser pour mieux exploiter. C’est ainsi qu’ils ne manquent jamais de mentir qu’ils sont là pour protéger une ethnie mais la réalité est ailleurs.

Tout comme il existe pas de différence entre un hutu pauvre et un tutsi pauvre, il n'y a pas de différence entre un hutu de la bourgeoisie et un tutsi de la bourgeoisie.

Un hutu ou un tutsi de la bourgeoisie d’affaire qui gouverne le pays depuis 1962 peut opprimer d’autres hutus ou d’autres tutsis et les massacrer toutes les fois qu’il y va de son intérêt. Nul ne peut contester que certains hutu ou les régimes pro-hutu n’ont pas hésité à guillotiner les autres hutu pour servir des intérêts personnels. De la même chose, la grande majorité de tutsi du Burundi n’ait jamais profité des régimes de la terreur qui se réclamaient pourtant pro-tutsi. Certains d’entre eux ont d’ailleurs été massacrés par ces régimes qui, pourtant, justifiaient leur existance par le souhait de protéger "la minorité tutsie".

Qui peut comprendre comment ces régimes de la terreur, qui étaient aux commandes de la police et de l’armée et qui justifiaient leur existence par la protection de la minorité tutsie, n’ont pas pu protéger les tutsis pauvres quand ils ont été massacrés par leurs camarades hutus ?

La réponse réside dans le fait que, contrairement à ce qui est communément répandu, les forces de sécurité sont et ont toujours été au service de la bourgeoisie et jamais au service d’une l’ethnie quelconque.

Il ne faut d’ailleurs pas oublier que les militaires hommes de troupe, qui sont toujours utilisés pour mâter ou massacrer ceux qui s’opposent à l’injustice du régime de Bujumbura, sont les plus exploités et les plus exposés à la misère.

Ne faites pas d’erreur, un hutu ou un tutsi de la bourgeoisie d’affaire qui vit dans l’opulence n’a rien de commun avec les membres de son ethnie qui vivent dans la misère. C’est seulement pour servir leurs intérêts personnels que les hutus et les tutsi de la bourgeoisie cherchent des appuis chez les membres de leurs ethnies en profitant de leur ignorance de la réalité.

De la même manière, chaque fois qu’ils veulent protéger leurs intérêts et garder une main mise sur le patrimoine de notre pays, les hutus et les tutsis de la bourgeoisie profitent de l’ignorance des membres de leurs ethnies appartenant à la classe des opprimés pour se débarrasser des rivaux soit en les envoyant au cimetière ou en prison.
Nous devons savoir que ces membres de la classe bourgeoise sont unis comme un seul homme. Leurs opinions qui souvent divergents ne sont qu’une façon de masquer leurs vrais visages car en réalité les hutu et tutsi de la bourgeoisie vivent en harmonie dans les mêmes quartiers, dans des villas de luxe, utilisent des enfants à bas âge souvent issus de leurs ethnies comme domestiques de maison au lieu de les aider à intégrer l’école.
Les dissensions au sein de la classe bourgeoise surgissent seulement lorsque le gâteau à partager devient plus petit alors que les membres de la bourgeoisie augmentent.

Au moment où ces riches vivent dans ce qu’on peut appeler paradis terrestre, les membres de leurs ethnies y compris parfois les membres de leurs propres familles, vivent dans des conditions déplorables souvent incapables d’avoir un repas par jour.C’est pourquoi la solidarité ethnique devrait être remplacée par la solidarité entre les membres de la classe des opprimés afin de lutter ensemble contre cette oppression de la bourgeoisie d’affaire qui gouverne notre pays depuis 1962.

L’un des défis majeurs de notre temps est de faire tout pour que la population soit éduquée pour bien comprendre les réalités de notre société et éviter ainsi d’être manipulée par des politiciens qui profitent de leur inconscience sociale.
C’est un combat difficile car la bourgeoisie d’affaire qui gouverne le pays depuis 1962 ne va pas facilement accepter que tous les enfants pauvres aillent à l’école de peur de ne pas avoir des domestiques de maison par exemple.
C’est avec une population éduquée que nos dirigeants seront élus non pas en fonction de leurs ethnies mais en fonction de leurs programmes politiques.

Il y a aussi un groupe de ceux qui profitent de l’oppression et qui, indépendamment de leurs ethnies, mettent en avant leurs intérêts personnels en s’opposant au changement car ils profitent de l’oppression faite à la masse populaire. Ils aspirent à la bourgeoisie, à de grandes fortunes et ne tiennent même pas compte de la pauvreté du pays. Ils sont prêts à combattre tous ceux qui veulent mettre fin à l’oppression car ils craignent de perdre leurs privilèges parfois indus.

D’autres citoyens sont motivés par les pures raisons d’opportunités, préfèrent la confusion en se plaçant chaque fois sur la balance du côté où la situation du moment est la plus favorable. On les trouve dans un parti aujourd’hui et demain on les trouve dans un autre parti. Ils sont aussi dangereux que ceux oppriment le peuple car ils sont prêts à faire tout pour obtenir des meilleures opportunités.

Le R.D.B propose une société multiculturelle pour résoudre le problème ethnique.

Le R.D.B part de l’idée que  l’ethnie est un virus injecté par le colonisateur dans notre société dans le seul but de la détruire.  Nous proposons donc un médicament qui va guérir ce virus  au lieu de chercher des calmants pour essayer de continuer à vivre avec ce virus  comme tente de le faire l’Accord d’Arusha et la Constitution actuelle.

Nous voulons mettre fin aux politiques de discriminations ethniques des anciens régimes et ainsi offrir à tous les citoyens une égalité de chances et le droit d’avoir toujours un mot à dire sur la marche de notre démocratie.

Dans un premier temps, nous voulons sensibiliser la population sur le mensonge des élites au pouvoir qui exploitent l’ethnie pour diviser et mieux opprimer la masse populaire. 

Dans un deuxième temps, nous allons reformer les conditions d’acquisition de la nationalité burundaise. En plus de la nationalité  en vertu du droit du sang et par naturalisation déjà consacrés par la loi burundaise, nous allons instaurer le principe d’acquisition de la nationalité burundaise en vertu du droit du sol, ce qui permettra l’acquisition automatique de la nationalité burundaise à tout individu en raison de sa naissance sur le sol burundais. Ce principe s’appliquera rétroactivement pour permettre à tout individu né sur le sol burundais d’acquérir la nationalité burundaise quel que soit sa date de naissance.

Ensuite, une réforme de l’immigration sera mise en place pour permettre aux personnes ayant résidées au Burundi pendant un certain temps, aux investisseurs, aux réfugiés reconnus et aux enfants nés au Burundi d’avoir la citoyenneté burundaise. Le système d’immigration sera complètement refondu pour favoriser une immigration économique vers le Burundi et pour faire en sorte que les travailleurs qualifiés puissent s’installer facilement  au Burundi et avoir la citoyenneté burundaise.

Enfin , tous les textes de loi prévoyant des quotas ethniques disparaitront progressivement pour laisser place à une société dans laquelle tous les citoyens sont admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Dans une telle société, l’ethnie disparaitra au profit de la citoyenneté car non seulement une bonne partie de la population burundaise n’aura aucune appartenance twa, hutu ou tutsi  mais parce que l’ethnie n’étant plus capable de procurer une faveur/un avantage quelconque, il deviendra inutile aux citoyens burundais de se réclamer de telle ou telle ethnie.

 

 

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